jeudi 13 juin 2013

Le GRAND RAID des PYRENEES 2012 - Bienvenue à Vielle-Aure

GRAND RAID DES PYRENEES  Août 2012
 Par Jean-François MAGNE



Arrivés à Vieille-Aure station de trail, Pyrénées nous voilà à pied d’œuvre ! 


Presque un an après la CCC le team Montroc au complet (presque … François et Manou font une pause et Christophe a basculé  du côté obscur se consacrant au triathlon) associé à l’AS SFR, représentée par Seb T. et moi même, s’aligne au départ du Grand Raid des Pyrénées : 160 km, 10 000 m de D+ et donc autant de D-.


La déception du recalage au tirage au sort de l’UTMB vite avalée nous avions opté pour sa cousine des Pyrénées considérée comme plus sauvage. Option payante compte tenu des conditions cataclysmiques qui accompagnèrent le 10ème anniversaire de l’UTMB la semaine suivante, obligeant les organisateurs à rabioter la course.


La reconnaissance du parcours faite début août, en guise d’apéritif, sous le parrainage de Jacques, m’avait mis l’eau à la bouche même si le brouillard et l’absence de balisage rendaient l’orientation parfois difficile. J’étais conquis par la diversité des paysages d’une vallée à l’autre, la succession de points de vue pittoresques, les effluves émanant des rochers et de la flore au lever du soleil et ces chemins où la plupart des randonneurs évoluent sur des sabots.


Donc nous sommes à pied d’œuvre, jeudi après avoir récupéré nos dossards et paniers garnis, fait nos dernières emplettes, profité des soins des ostéopathes (oui là, un peu plus à gauche, …outch !) et préparé les sacs à laisser aux deux bases vie qui ponctuent le parcours, nous arrivons au briefing. Après les consignes d’usage le staff nous annonce deux nouvelles : une bonne ( ?), le départ est décalé de 5 à 7 heures et une moins bonne, les barrières horaires sont inchangées et   il faut être au col de Sencours avant 15H pour monter au Pic du midi.

Cela modifie un peu la stratégie de course : nous avions initialement prévu de profiter de ce début de parcours plus technique et accidenté pour monter doucement en puissance, il va falloir donner du rythme un peu plus tôt.

Vendredi matin : préparation, dégustation de gatosport, Nok, …

Nous sommes si prêts du point de départ que nous avons failli manquer le coup d’envoi et nous parvenons en jouant des coudes à faire pointer nos dossards quelques secondes seulement avant que le flot des coureurs ne s’élance.
Le jour se lève à peine nous sommes dans un léger brouillard un peu moite et le peloton compact progresse doucement, bloqué à chaque rétrécissement de la voie. Nous avançons à la queue leu leu, accompagnés de bonnes rafales de vent.

Après le col de Portet qui domine une partie des pistes de St Lary (et notamment la fameuse Mirabelle, du nom de Mademoiselle Mir championne olympique) nous descendons vers le 1er ravitaillement et profitons des spécialités locales.

Nous repartons droit dans la pente en suivant le tire-fesse pour surplomber le Lac de l’Oule et rejoindre le vallon du bastanet.
Beaucoup de cailloux … le chemin serpente entre de gros blocs clairsemés de bosquets de pins et longe des laquets aux eaux turquoises, sous un soleil qui commence à peser. Certainement pas la partie la plus roulante pourtant il faut garder le rythme pour parvenir avant 15H au col de Sencours




 Après une série de petits coups de cul rocailleux, grande descente d’abord dans la pierre, puis les pâturages et enfin la forêt, on longe la cascade du Garet avant d’arriver au ravito d’Artigues.
Le soleil au zénith, les nombreux concurrents et la foule venue encourager les coureurs, c’est un peu la pagaïe sur ce petit point de ravito.
Le début de la course a laissé des traces et nous repartons, Sébastien, Olivier et moi, pour près de 1700 m de D+ avec un peu d’appréhension. Arnaud et Christian ont préféré garder un rythme plus sage et ont fait une croix sur le Pic du Midi.












Cela commence très fort par 20 bonnes minutes de montée quasiment droit dans la pente le long de la cascade. Certes c’est en sous-bois et l’air est rafraichi par la proximité de la chute d’eau mais la pente est rude, ça pique ! On atteint les cabanes de Tramezaygues pour longer la rivière et la pente s’atténue, cela grimpe doucement mais sûrement. Je regarde le chrono et accélère pour ne pas louper le rdv de 15 h et pouvoir monter au Pic.



Le chemin fait des tours et détours, passe par des plateaux intermédiaires et semble ne jamais devoir atteindre le col qui se cache tout au fond du vallon sur la gauche. Outch ! les derniers lacets dans la rocaille sont durs. Arrivé le premier et salué par Jacques (un des organisateurs qui a eu la gentillesse de m’assister pour la reconnaissance du parcours) je rejoins la cabane, balayée par des vents violents. J’en profite pour panser les deux petites ampoules qui commencent à poindre. Olivier me rejoint et on décide d’attendre Seb avant de monter au Pic ; le temps passe 10, 15 minutes …


Toujours pas de Seb dans les concurrents croisés alors que nous redescendons vers le col de Sencours. Nous attendons une vingtaine de minutes avant de reprendre le chemin en supposant qu’il a zappé le col et sans réseau impossible d’en savoir plus. Une dizaine de minutes plus tard nous rejoignons Christian et poursuivons avec lui sur un chemin en balcon bien tracé et nous passons le col de la Bonida sans y prêter attention, nous empruntons un vallon et la montée se fait progressivement plus rude pour finir par une série de lacets courts dans les pierres vers le col d’Aoube. A mi- pente j’aperçois en contrebas une silhouette familière en rouge et  blanc, le Séb ! Nous nous sommes donc croisés au moins deux fois en terrain découvert entre le col de Sencours et le pic du midi sans nous voir, nos facultés sont déjà bien émoussées … Bien la triplette est recomposée. S’agit de pas mollir l’heure tourne et notre petite virée nous a mis limite par rapport aux barrières horaires.



on part vers la montée pensant qu’il est encore en route pour le col. D’autres concurrents ont choisi et attendent quelques dizaines de m avant le col l’heure limite fixée par l’organisation, préférant poursuivre sans passer par le Pic, malgré les 2 ou 3 heures de pénalités prévues. Après une route large taillée dans la roche, nous attaquons péniblement le raidillon de roches empilées qui mène jusqu’au sommet. La vue à 360° est à couper le souffle. Nous sommes au premier quart de la course et le rythme donné pour tenir la barrière horaire a laissé des traces. Bien marqués, les 120 km restants nous laissent songeurs. Enfin, chaque chose en son temps nous profiterons de la descente plutôt douce après le col pour se refaire la cerise …



 

Nous redescendons tranquillement vers le splendide lac Bleu. Je me réfère aux photos et à ma reconnaissance parce que pour l’instant c’est purée de pois. Nous contournons le  lac puis c’est une montée sèche (300 D+) vers le col de Bareilles suivie d’une vilaine descente (500 D-) raide et toute en éboulis.
La journée s’achève à peine et quelques concurrents sont bien touchés : chutes, gros coup de fatigue et problèmes gastriques. La chaleur et la réduction des barrières horaires n’y sont pas étrangères.






Dans le brouillard, la nuit s’installe progressivement sous l’effet de l’humidité et de la fatigue vient le froid, on est dans le dur et pas mécontents d’arriver à Hautacam à 21H, une heure avant la barrière horaire.
On fait le plein et repartons pour 9 km de descente flanqué d’un nouvel équipier qui n’a plus de frontale ( c’est bête la nuit vient de tomber!), un jeune militaire. Ils sont quatre, dont un gradé, à avoir choisi à l’occasion d’un pari de débuter en trail par le GRP- No comment ! - En attendant X est plutôt en forme et a de multiples sujets de discussion en réserve rendant le chemin plus léger. Après une descente dans un trou boueux de quelques centaines de m pour couper les lacets, nous faisons route vers Villelongue, première base vie. Après  23 heures nous apercevons les lumières de la ville, mais le chemin en dévers qui alterne poussière et petits passages rocheux mobilise toute notre attention. 

Enfin nous trottinons dans les rues du village endormi.
Nous arrivons  une petite demi-heure avant la barrière horaire de minuit ! Cela fait court pour se refaire une beauté et profiter du buffet garni. Nous disposons finalement d’une ½ h de rab. Nous restons donc environ une heure et repartons changés, massés et nourris, des hommes neufs prêts à en découdre avec le D+.

Cela tombe bien, tout ce que nous avons descendu, nous allons le remonter de l’autre côté de la vallée : environ 17 km et 1800 de D+, direction le pic du Cabaliros, avec étape avant les 700 derniers mètres.

En hors d’œuvre un tout droit dans la pente (le mur !) le long d’une conduite forcée pour rejoindre la petite route au-dessus. On enchaîne sur une route forestière. Olivier et X font la course en tête et allongent le pas, nous voyons Sébastien et moi, plus prudents, leurs loupiotes s’éloigner sur la piste. 
Sébastien décide de faire une pause, je poursuis seul et rattrape les deux compères une vingtaine de minutes plus tard. Nous arrivons sur le début des pentes du Cabaliros en plein brouillard (c’était déjà le cas de jour lors de ma reconnaissance quelques semaines plus tôt, plutôt rude comme coin !). Même si le balisage est remarquable, le brouillard est tel que le trail se transforme en une chasse à la rubalise réfléchissante : par là les gars (les filles ont un sens de l’orientation naturel), j’en ai une !


Arrivés à Puy Droumide on est bien, on a rattrapé une partie de notre retard sur les barrières horaires, nous nous renseignons sur la suite des réjouissances : 4 km et 700 de D+, c’est clair non ? En sortant nous croisons Sébastien qui arrive et semble plutôt en forme. La chaleur des retrouvailles ne suffit toutefois pas à faire oublier le froid et l’humidité ambiante, nous poursuivons. Olivier est remonté comme un criquet et avale la pente comme à l’entraînement, mon colon et moi on s’accroche. Nous finissons par nous retrouver seuls Olivier et moi.


Le chemin semble redescendre vers la droite mais il y a un sommet à gauche, est-ce le Cabaliros ? Difficile de savoir dans le brouillard quel est le pic le plus élevé. En jardinant un peu nous finissons par tomber sur une tente à quelques dizaines de m du sommet et réveiller le bénévole, emmitouflé dans un duvet, chargé du pointage (pas sûr qu’il choisisse le même poste l’année prochaine). Il est environ 3H, 20 heures de course, et une longue descente nous attend, 1400 de D- sur 11 km. Nous sommes à mi-parcours, Jacques m’avait dit, « si tu atteints le Cabaliros en ayant gardé de la fraîcheur physique, c’est gagné ! » . Le Cabaliros on y est, la motivation est au top, mais on est quand même un peu faisandés !.

Dans la descente vers Cauterets (plus de 1300 de D-), c’est le cimetière des éléphants, nombre de concurrents ont décidé de ne pas faire un pas de plus sans prendre un peu de repos. Les plus avisés ont sorti ponchos et couvertures de survie, d’autre se sont juste écroulés comme des masses, couverts de leur polaire. Je n’imagine pas le redémarrage.
Le jour se lève et nous arrivons dans les rue à peine éveillées de Cauterets sous les regards interrogateurs des promeneurs matutinaux. Le ravito lui-même semble sortir de sa léthargie, même si un trailer italien trouve inadmissible de ne pas trouver de bière pour faciliter sa digestion, ben oui 7h du mat je prends un Kro et une Camel !

Même au ralenti on refait le plein se restaure et on file. En quittant on passe devant les thermes qui semblent tout droit sorti d’Astérix et Obélix, on abandonne l’idée du jacuzzi fumant et on emprunte un petit chemin forestier. La grimpette est un peu rude pour un réveil musculaire sur ce chemin rural de la reine Hortense.  C’est parti pour 100 m de D+, au petit chemin succède une piste forestière puis des près clairsemés de pins et c’est la dernière pente vers le col de Riou.
On quitte le GR pour descendre la Belle Bleue et rejoindre Luz Ardiden. De là petite variante pour couper les lacets de la route qui a fait les grandes heures du Tour de France. Petit extrait du road-book : « Du parking, prendre derrière le téléski du jardin d'enfant et descendre dans le ravin raide qui suit. Une sente part à droite et fait un zig zag pour rejoindre une bergerie. Avant de rejoindre celle-ci, descendre tout droit dans le pré ». On descend comme on peut dans une ravine pourrie plus faite pour des sabots de chèvres que des pieds de trailers fourbus. On finit par retrouver des voies plus carrossables et atteindre le charmant petit village de Grust sous un joli soleil ! Sa fontaine est une bénédiction.
On rejoint la départementale après avoir traversé Sazos et on remonte vers Saligos puis continuons sur des petites routes jusqu’à la seconde base vie d’Esquièze-Sère (km 120).

Belle pause d’une heure avec massage (j’ai dû dormir quelques minutes sur la table), petite toilette et un plein de nourriture. C’est un peu la cour des miracles ces ravitos avec des coureurs(es) posés un peu partout, des sachets et des boîtes vides, des pansements des tee-shirts et des chaussettes pantelantes. Vite ( !) on repart vers le Château Sainte Marie et un peu plus loin (11 km et quelques coups de cul) Tournaboup (La Mongie; encore une fontaine à l’eau fraîche et revitalisante.

On avance inexorablement vers le fond de la vallée en passant d’un flanc à l’autre par de petits villages aux rues pavées, accrochés à la pente. A noter le petit sentier lumineux qui mène à Viella (un bouton au départ donne environ 1/2h d’éclairage).

Le ciel se couvre et nous arrivons avec la pluie à Tournaboup, du coup ça caille. Le ravito abrite aussi les concurrents du 80 et sous la pluie c’est un peu la bousculade les pieds dans la boue. On fait donc fissa : une soupe et ça repart.


C’est la dernière grosse difficulté (en montée), un peu plus de 1000 m de D+ sur 8 km. Un joli souvenir de la reconnaissance : un chemin entre les rochers et les pins qui arrive sur des paliers verdoyants baignés de laquets (vous entendez les oiseaux ?). Bon retour à la réalité, il pleut on est dans la brume avec 130 bornes dans les pattes et on progresse comme des automates et pour rallier les différents paliers il faut se cogner de sacrés marches, donc c’est dur, très dur. 

Un peu avant sur le petit chemin de prairie on se fait doubler par un puis deux, puis trois concurrents qui trottinent. Le sang d’Olivier, qui marche en tête, ne fait qu’un tour, il accélère bien décidé à garder notre position. Nous finissons par découvrir, avant d’exploser, que ce sont des concurrents du parcours de 80 ! Arrivés à la Cabane d’Aygues-Cluses, il ne reste plus qu’un tout droit dans la pente et de courts lacets dans la rocaille jusqu’au col de Barèges que l’on ne distingue pas tant la brume est épaisse. On serre les dents et on avale la pente pas à pas avec cette pénible impression de soulever des enclumes. Et le col finit par arriver et nous apporte une petite bouffée d’euphorie.


On commence à y croire sérieusement, il ne nous reste plus que 20 km, une longue descente de 1700 m, interrompue par une bosse de 400 m de D+.


Au pied du lac nous attaquons la dernière montée, 400 m pour rejoindre le col de Portet, une formalité. On retrouve dans cette descente les paysages et la végétation du début de course, une mer de rochers parsemée d’îlots de pins et de petits lacs. On avance prudemment (s’agit pas d’y laisser une cheville) le long d’un pierrier puis en suivant un chemin qui zigzague entre les sapins et se confond avec le ruisseau jusqu’au Lac de l’Oule.

D’autant qu’elle est interrompue par le dernier ravito, le restaurant Merlans où nous avions fait halte la veille. Un petit stop le temps d’enfiler les frontales et c’est reparti.




Du col, on replonge tout droit vers Vieille-Aure, il reste 12 km et 1400 de D-.
D’abord droit dans la piste rouge, c’est escarpé et  la bruine n’arrange pas les choses. Il me manque une bonne paire d’essuies glaces sur les carreaux. Enfin on devine le départ des télécabines. Il reste 7 km et 800 D- !
 La descente reprend sur une piste forestière puis emprunte des sentiers VTT et de petits chemins au milieu des pins.

Faisant équipe avec des concurrents du 80, on a bien du mal à garder le rythme insensé de 8 km/h tant nos jambes sont roides. Enfin Il ne vous reste plus qu’à suivre le chemin que vous avez pris il y a quelques heures pour rejoindre l’arrivée à Vielle Aure. !!!! [extrait du road-book]


Arrivés sur la route, nous apercevons les lumières de Vieille Aure. Un coup d’œil à la montre, nous nous consultons ; oui il nous reste ¼ d’h avec la 41ème heure, cela devrait le faire. Alors nous relançons la machine pour finir au trot et arriver sous les hourra de la foule. La ligne passée nous nous trouvons un peu hébétés, un tee-shirt dans les mains et lourds de toute la tension qui retombe. Arnaud et là pour nous accueillir et la bière clope que nous partageons est un vrai bonheur. Clopin clopan nous regagnons notre chambre les jambes en feu et la tête pleine du beau voyage que nous venons de faire. 


Semi de DRAVEIL - La course à pied passionnément…

La course à pied passionnément…
par Sylvie LEVERT




Je me suis retrouvée dimanche matin dans l'Essonne à Draveil pour un semi-marathon, un temps pluvieux.

Il y a apparemment beaucoup de coureurs chevronnés avec des t-shirts « club d’athlétisme, … » du coup je m’interroge : mon entrainement était peut être insuffisant, m’étais je bien alimentée ? Un peu de nervosité, of course :)

Et donc, me voilà sur la ligne de départ avec le T-shirt bleu qu’ils m’ont donné, levée à 5h30 pour un petit déj, partie à 7h30 du 92 pour un départ à 9h.

Je vérifie que mon chrono est en marche, je cale les écouteurs dans mes oreilles et Top ! Le départ est annoncé...

Je me force à démarrer doucement mais pas trop, je me sens plutôt bien, et finalement le premier ravitaillement arrive vite, 5 km, j’attrape un verre d’eau.

Le trajet dans la forêt est plutôt agréable et je me sens bien. Je me dis en moi-même que je ne cours pas pour la performance, ça me rassure mais j’ai peur de regarder mon chrono. J’ai l’impression d’aller vite, je me concentre sur ma respiration pour aller un peu plus vite, encore.


Les kilomètres s’enchainent et au fur et à mesure je suis de plus en plus pressée de voir ces petits panneaux 17 km – 18 km… . 

J'attrape une bouteille d'eau à chaque ravitaillement, je n’oublie pas les conseils des coachs, je pense aux copines, à nos entraînements, à mon ami qui m’accueillera tout sourire à l’arrivée…

19 km, je commence à avoir les jambes un peu lourdes mais ça va…  je n’ai toujours pas regardé mon chrono.

Mon objectif est de faire moins de 1h50 mais la perf on s’en moque…

Je cours, je ne pense plus qu’à une chose, la ligne d’arrivée, encore un effort, il parait que tout est dans la tête

Je pense à mon fils 10 ans qui a couru sa 1ère course de 1,800 km en 8 mn, ça fait du 13,5 km/h quand même ! Et je m’entends encore lui crier « accroche toi, tu es presque arrivé ! Respire ! ».


Et ça y est 21,1 km en 1h48 ! Je regarde ma montre enfin… et oui elle affiche bien 1h48 !

Passée la ligne, je suis un peu sonnée, j’ai réussi ce que je m’étais fixée.


Un défi personnel…  pas tout à fait on dirait, le virus se transmet.

jeudi 16 mai 2013

Le Trail des Lavoirs 2013


Retour sur le Trail des lavoirs (Chevreuse – 78) du 21/04/2013

par Olivier CLERC

Belle journée au programme pour courir la vallée de Chevreuse.
Le départ du 64km est programmé à 7h (le 44km à 9h). 






Pour cette redécouverte du Trail, je suis accompagné par Jean-François, compagnon de la première heure à l’époque où il n’y avait pas plus de coureur à Séquoia que de lettres à SFR ! 


Depuis notre bonhomme a usé de nombreuses paires de chaussures sur des courses aux quatre coins de la France (mais surtout là où ça monte !).

De mon côté, triathlète oblige, je suis un peu perdu dans cet univers de traileur (mais où est donc ce foutu parc à vélo !) où sac à dos et chaussettes de contention sont de coutume. Bref, qu’importe, on est surtout là pour profiter de la belle nature des environs et se faire une jolie balade à travers champs et forêt.




Le départ est donné du Château de la Madeleine sur les hauteurs de Chevreuse. Le rythme est forcément prudent pendant les premières foulées. Bien que seulement niveau 1 sur l’échelle de Richter… enfin celle de l’UTMB, il n’en reste quand même un bon 60 bornes avec 1500D+.
Je vois tout de suite que l’ami Jeff est dans son élément mais le garçon sera patient et surtout me tiendra compagnie tout le long du parcours. 

La première boucle nous emmène à Port-Royal des Champs. Petit tour dans le parc autour des ruines de l’abbaye et retour du coté de Chevreuse à travers champs et forêt. Le soleil monte tranquillement dans le ciel, la température douce et le circuit techniquement facile donnent à ces premiers 20km une bonne entrée en matière.



Retour au village pour un mini ravito (il ne faut pas traîner  quand on est avec Jeff, le garçon a vite des fourmis dans les jambes ;-) puis nouvelle découverte avec une boucle de 15 km du côté des châteaux de Breteuil et Meridon. pas vraiment découverte au final puisque je retrouve de nombreux passages déjà empruntés la semaine dernière lors de la rando VTT (Jean Racine) avec les membres du team : Raphael et Pascal. Heureusement ce dimanche le sol est sec et nous ne sommes pas confrontés au torrent de boue d’il y a une semaine.


Nous revoilà de nouveau au village après 35 km parcouru et un peu moins de 4h. La dernière boucle (sans doute la plus belle) et ses 29km nous mènent vers Maincourt sur Yvette puis les ‘cascades’ des Vaux de Cernay.

Le parcours est magnifique avec quelques montées bien raides et de jolies points de vue. Au 50km, belle surprise de retrouver Philippe, parti lui sur le 44km. Nous aurions bien aimé finir la course ensemble mais notre gars est un peu entamé et préfère lever le pied.


Nous le laissons à son rythme pour poursuivre notre ‘aventure’ et … retrouver Brice au 55km. Lui , également parti sur le 44km, est en pleine fraîcheur  Nous courons plusieurs kilomètres ensemble, échangeons sur nos prochains objectifs, les belles course en devenir… les jambes ‘piquottent’ un peu et ça ‘tabasse’ quand même dans les descente mais tout cela reste supportable.


Le dénivelé plus important de la deuxième moitié du Trail ralentit un peu notre moyenne mais le final n’est plus très loin… une dernière traversé de champs, un dernier encouragement et c’est avec le sourire que nous franchissons la ligne d’arrivée !  


Une bien belle course dans des condition météo parfaites qu’on a plaisir de débriefer autour d’une bonne bière offerte aux finishers J

Olivier






Classement :



Trail 64 Km
57
Jean-François MAGNE
7h27'46"
58
Olivier CLERC
7h27'47"
Trail 44km
15
Guillaume DUPRE
4h12'19"
36
Yann VERLYNDE
4h37'30"
87
Brice DEHAYNIN
5h29'16"

mercredi 10 avril 2013

Trail Sainte Victoire ou effet Venturi ?




 L’effet Venturi, du nom du physicien italien Giovanni Battista Venturi, est un phénomène de la dynamique des fluides où il y a formation d’une dépression dans une zone où les particules de fluides sont accélérées. « Venturi » désigne également le nom de la Montagne Sainte Victoire en occitan provençal…

L’édition 2013 est ma quatrième participation au Trail Sainte Victoire. Comme tous les ans un nouveau parcours est proposé. Cette année encore, près de 60 km et 3000 mètres de dénivelé positif. Autant dire qu’un beau challenge est en perspective. Cette course est toujours une épreuve physique et mentale, la montagne se laissant nettement moins apprivoiser que le renard de Saint-Exupéry.
Me concernant, la principale nouveauté cette année se focalise sur l’aspect collectif de la course. En effet, c’est avec Jean-François (voir mon récit du Trail de Bonnieux) que nous allons parcourir de part et d’autre le célébrissime massif Aixois. Collectif également parce qu’une délégation Parisienne et Lyonnaise de mon club, l’AS GroupeSFR, sera présente sur le parcours. J’espère pour eux qu’ils seront pleinement satisfaits de leur déplacement au pays de Cézanne.
Après 24h non-stop de pluie, la météo semble être plus clémente aujourd’hui. Elle annonce un grand soleil et même un peu de chaleur.  On a du mal à se l’imaginer car à 6h30 le dimanche matin, le ciel est encore brumeux et l’humidité doit encore dépasser les 70%. Il fait donc frisquet en tee-shirt sur la ligne de départ. Mais ça ne durera qu’une quinzaine de minute le temps de se mettre dans la course. Avec Jeff, nous partons dans le premier tiers du peloton. On laisse partir le troupeau sur motivé par départ lancé avec 10 minutes de retard.
Une large boucle dans Rousset permet d’étaler le peloton avant d’attaquer les premières bosses. Elles sont courtes mais raides et dans un terrain rendu très boueux à cause des averses de la veille. Du coup, ça bouchonne un peu. Ça permet à Jeff de rapidement se faire remarquer avec ses blagues lancées à qui veut bien l’entendre. On n’entend pas trop parler en ce début de course. Les corps sont manifestement encore endormis. Nous percevons seulement le bruit des chaussures dans les flaques d’eau et les mares de boue que nous rencontrerons régulièrement jusqu’au pied de la Sainte Victoire, située 10 km plus loin.


Nous mettrons moins de 1h20 pour la rejoindre et atteindre le premier ravitaillement. J’attends Jeff qui tarde à arriver. Quelques kilomètres avant, Il n’a rien trouvé de mieux que de s’arrêter pour une pause technique. Par la petite vidange, non. Mais la révision totale suite à un problème d’échappement ou un truc du genre… C’est donc à une allure très modérée que j’attaque la première montée du massif. 

Jeff me rejoindra à mi-hauteur, là où le sentier file vers la droite direction le célèbre « Pas du clapier ». Nous longerons la montagne sur 3 km, alternant courtes montées raides et traversées en balcon. La brume a laissée place à un soleil radieux, c’est somptueux ! Jeff est toujours derrière mais une dizaine de coureurs nous séparent. Toutefois sa discrétion légendaire ne m’empêche pas de l’entendre plaisanter avec participants qui le côtoient.


L’allure est très nettement ralentie à la montée du Pas du Clapier. Il faut dire qu’on passe quasiment de la course à pied à l’escalade. Les coureurs peu habitués à monter en s’aidant des mains et sensibles  au  vide sont forcément un peu en panique. Pour avoir grimpé ce single une bonne vingtaine de fois, je me régale dans cette brèche qui est pour moi un des plus beaux passages de la Sainte Victoire. Les 200 mètres de dénivelé sur 500 mètres (soit une pente à 40%) sont avalés en 15 minutes. A l’entraînement, ça passe beaucoup plus vite. Mais ici et maintenant, pas question de faire un record.
Arrivé sur les crêtes, c’est le grand beau temps. Pas de rafales de vent comme c’est souvent le cas à cet endroit mais une brise légère qui arrive à peine à nous rafraichir. J’avais prévu le coupe-vent dans le sac mais je n’aurai pas besoin de le sortir aujourd’hui. C’est incroyable d’avoir un temps pareil quand on sait celui qu’il faisait la veille. Le terrain reste glissant certes, mais sans commune mesure avec ce que j’avais imaginé. Les crêtes restent toutefois un passage délicat. En effet, les lapiaz (sol constitué de roche calcaire aux aspérités coupantes, sillonné de nombreuses rigoles, fissures et crevasses de taille variable) nous empêchent de garder une allure régulière et oblige à garder l’œil sur ses appuis au risque de perdre une ou deux chevilles. Heureusement, la pénibilité de la course est compensée par une vue splendide à 360° depuis laquelle la méditerranée et les Alpes du sud sont nettement visibles. C’est avec le groupe de la seconde et troisième féminine que je ferai un bon bout de chemin jusqu’au second ravitaillement, situé à la sortie de Vauvenargues.
Mais avant, il faut rejoindre le bas du massif par le sentier des Venturiers. Ce sentiers, largement fréquenté par les randonneurs est pourtant un des moins intéressants. Je descends tranquillement pour que Jeff puisse me rattraper sans avoir à forcer. Pour m’être fait piéger dans cette descente il y a 3 ans, je relâche au maximum afin de soulager les cuisses et éviter qu’elles souffrent plus tard. Approchant de Vauvenargues, j’entends crier mon nom… C’est Corinne, une collègue de travail qui m’a reconnue parmi les participants. Surpris, j’ai juste le temps de lui lancer un bonjour en retour. Désolé Corinne de ne pas avoir pris soin de m’arrêter quelques secondes. Ça ne m’a même pas effleuré l’esprit en plus. Pour en avoir rediscuté avec Jeff après coup (qui lui s’est bien évidement arrêté pour tailler une bavette), nous avons dans l’effort des réactions diamétralement opposées. A croire que la bulle dans laquelle je me réfugie en compétition me fait perdre un peu de lucidité et, à mon grand regret… d’humanité.
A Vauvenargues, nous suivons un chemin en bord de la route, puis traversons le village. Les filles sont toujours là et l’ambiance est euphorique, entre vannes et éclats de rire. Ce groupe de fille est décidément constitué de véritables pipelettes. Il ne manque que Jeff (qui arrivera quelques minutes plus tard) pour parfaire le tableau… Un tableau de Picasso bien sûr car c’est à Vauvenargues justement que se trouve le château du peintre. Savez-vous qu’il fut même inhumé sur le tertre de la terrasse ? Il y repose encore. Sa femme Jacqueline l’a rejoint quelques années plus tard. Nous frôlons d’ailleurs les murs du domaine avant d’attaquer à nouveau la montagne mais cette fois par sa face nord. En repartant du ravitaillement de Vauvenargues nous apercevons Sébastien, un des parisiens du club, qui semble avoir un peu de mal à repartir. Mais fausse alerte, il nous dit que tout va bien.
Nous grimpons en pente douce jusqu’à rejoindre le redoutable sentier des Plaideurs. J’ai fait cette montée plus d’une dizaine de fois et je n’ai pas le souvenir d’avoir été une seule fois serein. Ce n’est pourtant pas la côte la plus raide du massif mais elle arrive à un moment du parcours où la fatigue est déjà bien présente. De plus les nombreuses marches rocheuses finissent bien souvent de vous achever en déclenchant vos premières crampes, comme je l’ai vécu l’an dernier. C’est dur mais on s’accroche…
Pas après pas, le sommet tant convoité se dessine. Du moins en apparence, car la subtilité de cette montée est de faire croire que la crête sommitale est proche. La pente finie par redevenir acceptable pour nos cuisses. Enfin la crête ! Maintenant direction le Pic des Mouches, le plus haut sommet du massif qui culmine à 1011 mètres.

Sur les crêtes une légère brise permet de refroidir la mécanique qui a bien souffert dans la montée. J’ai le souvenir d’avoir bloqué sur les gouttes de sueurs qui perlaient de ma casquette. De quoi remplir un jerricane ! Les yeux rivés sur la pose de nos pieds, on a failli manquer d’une foulée la bifurcation suivante. Sans la présence d’un signaleur, on filait tout droit, évitant ainsi la descente du Baou de l’Aigle face au vide suivi de la remontée au Pic des Mouches, soit 150 mètres de dénivelé négatif puis positif en moins 1,5 km ! Ça aurait été dommage de manquer  cette magnifique descente aérienne en pleine face sud dans un passage qu’on imagine aisément réservé aux grimpeurs locaux au lézard ocellé (une espèce menacée soit dit en passant).
On sert les dents pour rejoindre le Pic des Mouches. En guise de Sarcophaga carnaria (nom savant de la mouche grise), ce sont des randonneurs qui nous accueillent avec enthousiasme au sommet. Ça fait du bien ! D’ailleurs, nous en rencontrerons beaucoup au cours de cette journée, toujours prêt à nous encourager et ayant à chaque fois le souci de ne pas encombrer le passage des coureurs. Merci à eux car nous avons perturbé la quiétude de certains. D’un autre côté, ces rencontres ont permis à Jeff de multiplier les occasions de tailler la bavette. Tout juste s’il ne s’arrête pas jouer avec les enfants. Ce qu’il fera d’ailleurs plus tard mais nous y reviendrons…
C’est un peu fébrile que je rejoins le Col des Portes. La fatigue est bien installée et malgré quelques gels et pâtes de fruits avalées je ne me sens pas au mieux. Je sais que ça va passer mais en attendant je passe un sale moment. Jeff fait ce qu’il peut pour me remonter le moral mais ses facéties ont plutôt l’effet l’inverse. Il me connait bien, vu qu’on s’entraîne ensemble toute la semaine. Il sait que je peux avoir mauvais caractère quand les choses ne se passent pas comme je le souhaite. Bref mon vieux Jeff, je n’ai pas été un super partenaire sur cette course et je m’en excuse encore. Je vais tâcher de travailler ça pour les prochaines courses et notamment la TDS ou nous vivrons, j’en suis persuadé, une grande aventure et une belle histoire d’amitié.
Nous atteignons enfin le ravitaillement de Puyloubier après une descente où j’ai eu l’impression de freiner tout le long. Il est urgent que je reprenne des forces maintenant. Si les principales difficultés sont passées, il reste encore une montée coriace jusqu’au refuge de Baudino à négocier. Avec la chaleur désormais bien présente la surchauffe n’est pas exclue. Nous prenons donc le temps de nous alimenter et de nous hydrater correctement. A nous deux, on doit facilement avoir avalé l’équivalent de 6 oranges en quelques secondes ! Au moment de repartir, nous voyons Sébastien arriver. Il a les traits tirés et le visage bien pâlot. Nous décidons alors de l’attendre pour faire un bout de chemin ensemble.



Sa présence me soulage car elle permet de redistribuer les échanges. Jeff parle à Sébastien qui lui répond. Je n’ai ainsi plus besoin de parler. Je me retrouve tout seul avec ma peine sans être perturbé, c’est presque le pied !
C’est d’ailleurs dans un silence de fin de vie que nous atteignons le refuge de Baudino. Cumulée à la fatigue, la chaleur générée par la réverbération du soleil sur les falaises rend cette ascension très difficile. Les rares coureurs que nous rattraperons se trouveront dans un état encore bien pire. Je vis quasiment la même chose au même endroit qu’il y a 3 ans, lors de ma première participation. J’entends la respiration de Sébastien s’emballer dans mon dos. Un cardio qui m’arrive pas à se calmer en marchant, ce n’est jamais très bon signe… Arrivé au refuge, il ne sera plus dans notre dos. Nous l’attendons à l’ombre. Quelques minutes après un coureur apparaît. Nous nous empressons de prendre des nouvelles de Sébastien. Il nous dit qu’il s’est arrêté se reposer un moment. Nous prévenons alors un bénévole de s’inquiéter de son état dès qu’il arrivera et repartons, mais à deux cette fois. Je sens que Jeff aimerait accélérer. De mon côté, je suis tiraillé entre accélérer (toujours avec difficulté) et ralentir pour que Sébastien nous rattrape.
Ce qu’il fera 5 kilomètres plus loin à Saint-Antonin-sur-Bayon, le dernier ravitaillement commun au premier de ce matin. Jeff l’incorrigible plaisante plus que jamais avec les bénévoles. Moi, je suis pressé d’en finir et souhaite repartir rapidement.
Plus que 10 km à parcourir, principalement en descente pour rejoindre Rousset. La dernière bosse sur un large sentier d’une centaine de mètre de dénivelé est relativement vite avalée, d’autant que notre trio semble reprendre un peu d’énergie. Jeff trouvera des ressources supplémentaires pour simuler une attaque de diligence après avoir croisé une petite famille installée dans une carriole tirée par deux ânes. Le visage à moitié caché dans son tee-shirt (qui sent l’écurie lui aussi) et les doigts en pistolet il hurle des sommations tel un bandit des grands chemins. Les plus surpris sont les ânes qui stoppent net et engagent un mouvement de recul. Des chevaux à la place des ânes et la carriole se serait à coup sûr renversée. Ça a le mérite de faire rire les enfants, mission accomplie !

Nous resterons dans une ambiance Far West en traversant des collines de terre rouge jusqu’aux portes de Rousset qui tranchent franchement avec la raideur calcaire du cœur du massif. Plus que 6 kilomètres ! Je retrouve alors mes jambes. Je peux à nouveau courir sans aucune difficulté. Mon coup de mou aura duré finalement plus de 20 km, soit au moins 4 heures… Je me surprends à attendre Sébastien qui vit une fin de course pénible. Afin d’éviter de perdre cette énergie retrouvée de façon providentielle je fais des grands cercles pour permettre à mes compagnons de me rejoindre. Les voilà ! Moins de 2 km maintenant ! Le moulin… la dernière pente raide, les vignes de Rousset et le village apparaît enfin. 200 mètres avant l’arrivée, je tends les mains à mes camarades. Conditionné pendant plus de 9 heures par les vannes et les blagues potaches de Jeff c’est moi qui prends le relais et qui me met à brailler au public « Sortez les appareils photos, voilà du lourd ! ». C’est sur une belle image de fraternité que nous passerons l’arche main dans la main.

Jean-Félix immortalise notre arrivée sur son téléphone. C’est sympa de sa part de nous avoir attendu ! Lui est arrivé en un temps canon de 7h52 et s’octroie une superbe 29ème place au scratch. Jérôme mettra 15 minutes de plus pour finir 36ème. Ils assurent nos collègues parisiens ! Pour nous trois, c’est en 9h36 que nous aurons bouclé ce parcours. Enfin, notre collègue Lyonnais Nicolas arrivera après 11h02 d’effort dont il se souviendra probablement très longtemps.
Deux jours après la course, c’est le moment du bilan. Pas de douleur particulière, tout va bien de ce côté-là. Humainement, j’aurai vécu une belle aventure en compagnie de Jeff. On a encore des choses à apprendre l’un de l’autre (et c’est tant mieux !) pour devenir « le duo de choc qui va tout péter à la TDS ». Sportivement, j’ai encore une préparation à optimiser. Une meilleure préparation physique, bien évidemment, mais surtout psychologique car c’est dans ce domaine que je me sens fragilisé actuellement. Connaissant les causes, je suis convaincu que cette faiblesse sera corrigée d’ici la fin de l’année.
Mon résultat sur cette édition est en deçà de ce que j’espérais faire. Au regard du classement et des coureurs que je connais, je pouvais raisonnablement prétendre mettre une heure de moins. Mais voilà, si le trail était une science exacte, il n’y aurait même plus besoin de prendre le départ. Ça prouve aussi, comme je le disais en introduction, qu’on ne peut pas étalonner la Montagne Sainte Victoire comme une course sur bitume et que la moindre défaillance est payée cash. C’est ce qui fait le charme du TSV :  il y a toujours des surprises à l’arrivée ! C’est ce que doivent encore se dire les 80 coureurs qui ont abandonné (soit 21% des partants), probablement victimes d’une dépression dans une zone où les particules de fluides sont accélérées.

Résumé Trail Sainte Victoire 2013 par Fred.





mardi 12 mars 2013

Les 30 bornes de Saint Paer



 -Qu’est ce que tu fais dimanche matin ?
-Rien…
-ça te dirait un semi ?
-bof, non c’est trop court…
-ah,…un marathon alors ?
-tu es fou ? un marathon ? mais c’est trop long !
-… bon…et un trente bornes? ça tombe bien il y en a un à Saint Paer…




Les 30 bornes de Saint Paer.

« Les 30 bornes de Saint Paer », est une course sur route au format inhabituel, hors du temps, c’est un retour aux sources du running.

Saint Paer, village de Seine Maritime perché sur le plateau du pays de Caux à 4km de Duclair.
Connu pour sa mairie, son église, son manoir, et son bar-tabac-épicerie-boulangerie-charcuterie, Mais surtout pour ses 30 bornes.



Ah qu’il fait bon participer à ces courses de province, ces courses où le prix du dossard ramené au kilomètre coûte moins de cinquante centimes, où le speaker  fait des tests sono en direct « un…deux..un..deux..est-ce que ça marche ? », où les concurrents passionnés n’ont pas succombé aux sirènes du marketing , où l’organisation et les bénévoles sont aux petits soins pour les coureurs, où les meneurs d’allure ont une pancarte en bois, où le chronométrage se fait sans puce, où rusticité rime avec authenticité !



Un retour aux sources
Les 30 Bornes de Saint Paer, c’est une course locale pendant laquelle le village sort de sa torpeur hivernale pour accueillir les 260 partants (210 en individuel, 50 en relais) le temps d’une matinée neigeuse et venteuse.

Nous voici donc ce dimanche 24 février 8h45 du matin dans le gynmase-bureau de vote-maison des associations-salle des fêtes de Saint Paer avec mon ami Benoit Blondel à venir chercher nos dossards.

Sac concurrent en main, nous partons à la découverte du bourg et nous entrons dans le bar-tabac-épicerie-boulangerie-charcuterie pour nous mettre au chaud et commander deux cafés.



9h20 c’est l’heure de s’échauffer, C’est peut-être un 30 bornes mais ça va partir vite, il faut mettre en route la machine par ce temps frigorifique (-2°)…

9h57 nous voici juste sur la ligne de départ…un sas par temps ? pourquoi faire ?

10h00 pas de coup de feu, mais tout le monde a compris que c’était parti.

Mon père Ben file déjà devant moi à 16km/h à l’heure avec moins de 2h pour objectif, je me cale à 14km/h ne sachant pas trop comment je vais gérer cette course.

3 boucles de 10km, des faux-plat, du vent sur le plateau, personne sur le parcours, on va travailler le mental aujourd’hui…


Le premier tour se fera au feeling, avec dans l’idée d’en garder pour la suite, plus qu’un semi mais moins qu’un marathon il faut envoyer sans se brûler…exercice de style auquel je me frotte pour la première fois.

Je termine le premier tour en compagnie d’un « relais », hummm  la PPG du lundi porte ses fruits…je vais aussi vite et suis en meilleur état qu’un gars qui fait « juste » 10 bornes…


Le deuxieme tour arrive, les seconds relayeurs partent en trombe… bien trop vite pour certains que j’irais rechercher 5km plus loin…la PPG ça paie vraiment, quand je sens que ma foulée s’écrase je repense aux conseils du coach « serrez les fesses, rentrez le nombril, agrandissez-vous »…



Vient enfin le 3e et dernier tour, plus que 10km, le compte à rebours commence…j’entends un gars qui râle dans mon dos, un coup d’œil rapide, le gars a l’air trop mal pour être un relais…en gros je suis chassé…aarghh…la partie de bras de fer commence, je ne l’ai pas vu venir celui là.
Pendant ces 10 derniers km on va jouer au yoyo, il remonte, je m’accroche, il s’éloigne je maintiens la distance,…aujourd’hui j’ai le mental, je vais l’user le bougre, c’est dur pour moi mais ça sera encore plus dur pour lui…Finalement il tombe bien ce gars, il va m’obliger à aller jusqu’au bout et à remettre une louche pour finir, je relance dans les faux-plat , je déroule dans les descentes…ça doit être vraiment très dur pour lui mentalement…28ekm…je lâche les chevaux, je termine à 16km/h et…devant.


12h00 Ben franchit la ligne, il est 11e en 2h00 pile, j’arriverai 7 min plus tard J, 20e au scratch.



12h30 retour au bar-tabac-épicerie-boulangerie-charcuterie du village pour se boire une « Coq Hardi », la pression à 2€20, moins chère que le Coca ! Authentique que j'vous dis !