lundi 1 octobre 2012

Le Paris-Versailles des ‘runneuses' de SFR 2012


Le Paris-Versailles des ‘runneuses' de SFR 2012


par Patricia WYCKHUYS




8h30: on se retrouve au stade Emile Anthoine mi-joviales, mi-anxieuses et, après une improbable rencontre au dépôt des vestiaires, on patiente sur un air des Rolling Stones dans le SAS de départ face à la Tour Eiffel.


La 31ème vague : c'était nous !

Emportées par la foulée qui s'élance, on se remémore déjà certains conseils: "ne pas partir trop vite, boire à chaque ravitaillement ..." et ça paye ! 

On attaque la route des Gardes et c'est sans doute la portion où on a doublé le plus de monde :-)  , on arrive en forêt de Meudon en se disant que le plus dur est fait mais sans relâcher l'effort car ce n'est que le kilomètre 8 qui vient de s'afficher.

Quelques gorgées d'eau, un quartier d'orange; on poursuit. Deux grands gaillards nous doublent souriant, déclarant que c'est la dixième fois qu'il nous croisent mais on a encore assez de souffle pour les taquiner en leur soutenant que c'est bien notre rythme qui est régulier et non le leur. De fait, à la côte suivante, on les double à nouveau: des gazelles ! (enfin presque ...)

Puis c'est la descente de la route des Fonds de la Chapelle, beaucoup sont à fond justement, certains doublent sans précaution, mais là il nous faut doser car une tendinite au genou: ça se ménage, rester concentrer sur sa première ambition: finir cette course en courant et non à genou.

On continue, on croise quelques groupes de musiciens, une salle des fêtes qui a poussé la sono bien fort sur un standard des années 70 et qui salue notre passage.

Ca y est, on est en bas de l'avenue de Paris et même si on sait que c'est gagné, on s'interroge sur le moment où on va pouvoir tout lâcher sans risquer de finir vannées. 

Chacune à sa façon, à son rythme avise ... mais quel plaisir d'en avoir encore sous le pied pour finir sur un petit sprint ! On se prendrait presque pour des championnes ;-)


Une histoire d'équipe: toutes parties avec le sourire et, même si nos sentiments étaient probablement différents (chrono, répétition pour le MK6 pour les unes, 1ère course pour l'une d'entre nous), nous avions toutes le même objectif: passer un bon moment et finir avec le même sourire =>  c'est chose faite.

Bonne course à celles et ceux qui ont programmé le Marseille-Cassis ou le marathon de New-York dans leur agenda.

Françoise, Nathalie, Sylvie et Patricia.


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Les résultats des participants de la section Running SFR : 




Dossard
Nom
Prénom
Cat.
Temps
Général
Catégorie
27
BOULFAKHR
EL MAATI
SH
0h 55mn 07s
35
29
5790
RAPHALEN
THIERRY
VH1
1h 09mn 08s
734
184
23334
BODEVIN
FREDERIC
SH
1h 09mn 15s
763
459
18084
LANDRY
FREDERIC
VH1
1h 09mn 19s
772
200
18112
FILIOLE
SYLVAIN
SH
1h 12mn 14s
1413
827
23981
REDON
VINCENT
SH
1h 12mn 59s
1651
964
23990
BOSC
JÉRÔME
SH
1h 15mn 32s
2557
1484
21833
CORNIC
SYLVAIN
SH
1h 16mn 00s
2761
1598
22487
PLUCHART
SÉBASTIEN
VH1
1h 16mn 21s
2918
788
23441
MEJEAN
STÉPHANE
VH1
1h 19mn 36s
4725
1292
9184
DOS REIS
JOSE
VH1
1h 20mn 26s
5283
1443
11666
CHUPIN
ERIC
VH2
1h 20mn 52s
5554
434
21367
LEBOUCHER
SEBASTIEN
SH
1h 28mn 15s
10575
5374
21153
BARBERE
OLIVIER
VH1
1h 28mn 16s
10586
2867
22054
LEVERT
SYLVIE
VF1
1h 32mn 50s
13385
508
22610
AZRAN
MAURICE
VH1
1h 33mn 13s
13631
3594
21181
VINOT
WLADIMIR
VH1
1h 33mn 24s
13743
3623
7216
RONSIN
MICKAËL
SH
1h 35mn 16s
14761
6816
18776
CAILLAUD
XAVIER
VH1
1h 37mn 33s
15874
4050
21753
WYCKHUYS
PATRICIA
VF1
1h 38mn 48s
16385
827
21694
HANNETON
FRANCOISE
VF1
1h 39mn 03s
16506
842
11149
JAPHET
LAURENT
SH
1h 41mn 45s
17473
7510
22834
CARPENTIER
NATHALIE
SF
1h 57mn 24s
20306
2329





Et les photos bonus : 






lundi 10 septembre 2012

Ironman de ROTH, Grosse ambiance !

Par Raphael GASQUET


8 juillet 2012, Ironman de Roth.

Un super pied !



Finisher en 12h32.

C’était mon troisième (le deuxième avec Challenge). C’était de loin le plus gros niveau ambiance.

Roth, un des plus gros Iron-Man du monde (le plus gros en fait), une organisation de folie : 3000 participants à l’Iron-Man, + 1500 en relai : 4500 coureurs et 3500 vélos ! Bonjour le parc ! Ou plutôt les parcs, puisque le parc à vélo n°2 est à 5km du parc à vélo n°1, avec toute la logistique que cela suppose (10.000 sacs en tout qui doivent faire des allers-retours entre ces 2 parcs, et remis dans l’ordre à chaque fois). Et les allemands sont fans de triathlon, donc très nombreux sur les bords des routes (ou du canal). Ambiance garantie tout au long de l’épreuve, avec des supporters à la bière dès 7h30 le matin. Juste énorme. 200 000 spectateurs, soit 5 stades de France rempli….

A faire, même en spectateur !

Départs étalés par groupes de niveau entre 6h30 et 7h45, suivi par les relais à 8h45.

Je pars à 7h40 avec 3 gars de mon club d’Issy, pour un objectif de 12h30.

Natation : 3,8 km en aller-retour dans un canal (au moins, pas de risque de louvoyer), avec beaucoup de spectateurs et des montgolfières. Au demi-tour, je me cale derrière les pieds d’un autre nageur que je ne lâcherai plus, sauf dans les 200 derniers mètres dans lesquels j’accélère un tout petit peu. 1h12 pour 1h14 visées. Top.

Vélo : 180 km sans trop grande difficulté en 2 boucles. Deux bonnes bosses à passer 2 fois et pas mal de vent tout de même. Au bout de 70km, on arrive au Solar Berg : une belle bosse de quelques centaines de mètres. Juste avant d’y arriver, on entend la foule qui gronde, puis, à la sortie d’un virage, on voit la montée qui commence, avec de chaque côté une foule amassée derrière des barrières, qui hurle, fait du bruit, chante, encourage… Puis les barrières disparaissent, et la foule se rapproche. On ne voit plus la route, les spectateurs s’écartent au dernier moment. C’est comme au tour de France, sauf que c’est nous sur le vélo. Magique et gros gros moment émotionnel ! On a la chance de la refaire au km 150. Au total, 6h36 pour 6h28 visé (en progrès, mais encore le dernier du club sur cette épreuve… Je sais où je peux gagner).

Course à pied : 42,195km, je m’étais fixé de courir à 9,3 km/h de moyenne pour tenir mon objectif. Avec 6 minutes perdues à vélo, 2 gagnées en natation et 3 gagnées en transition, je suis jute dans mon temps. 
A Barcelone, j’étais parti un peu vite pour rattraper mes 10 minutes de retard, pour le payer cash et me reprendre 10min dans la vue, et finir à 20 de l’objectif. 
Je pars donc tel un métronome : 9,4km/h sur le premier km, sur le deuxième, le troisième… Je me cale avec un français qui a le même temps objectif (et 34 marathons au palmarès !). La course à deux se passe nickel. Eric, mon partenaire du jour, m’indique au km 11 qu’il n’est pas en forme et doit ralentir. Je continue sur ma lancée et enquille les km à 9,3 -9,4 de moyenne. Ma crainte : ne pas tenir jusqu’au bout ; ça finit toujours par ralentir non ? ben en fait si… 

Un tape cul, que je passe au ralenti pour ne pas exploser, et arriver en haut, impossible de relancer. Je fais 1 km à 8,8 km/h ; puis un second pareil, et un troisième… L’objectif semble s’éloigner. Tant pis, faut finir, alors on gère cette allure, et on est content d’être là. Arrive le km 32. Il me reste 1h00 pour 10km. Ca se fait tous les jours ça, non ? En tout cas, ça se tente ! Alors on appuie un peu, sans regarder la montre, et on accélère jusqu’à une vitesse que l’on peut maintenir. Hop, vitesse atteinte. Un coup d’œil sur la montre. 10,4 km/h. Cool. Mais ça risque de ne pas durer. Ben si, 1, puis 2 , puis 3km… Je suis super bien, et me voilà à 10,5. Etant parti dans l’avant dernier groupe, il n’y a plus de gros coureurs, beaucoup marchent, et je ramasse à la pelle

Du bonheur. Dans l’euphorie, je me dis que peut-être je vais pouvoir comme dans les 2 éditions précédentes accélérer dans le dernier km, et faire moins que l’objectif. Panneau 40km en vue. Ben les jambes ont cru que c’était l’arrivée ! Ca a calé d’un coup. Un peu de marche, et je me dis que ce serait trop con de caler là. Ça redémarre doucement, et poussivement à 8,5 km/h jusqu’à l’arrivée, mais on s’en contentera. 4h34 pour 4h33 visés.

Au total, 12h32 pour 12h30 visées.

Voilà, RV dans 2 ans, avec un temps vélo de 6h00 et un objectif de 11h50 (gardez le mail dans vos archives ; j’ai fait le calcul, ça doit passer !).


Raf

dimanche 22 juillet 2012

Altriman 2012


Altriman 2012

Par Olivier CLERC


Altriman est présenté comme le triathlon le plus dur du monde… assurément il en fait partie et il est certainement le plus beau que j’ai fait jusqu'à présent….


… retour sur le 7 juillet 2012, mon jour le plus long.

Les Angles – Pyrénées orientales, non loin de Font Romeu, la brume avait eu du mal à se dissiper la veille, nous sommes à 1500 m d’altitude et parfois le brouillard persiste longtemps avant de laisser place au soleil…
…Mais ce matin, le réveil (3h) se fait sous un ciel dégagé. Belle journée en perspective donc.

Un triathlon ça commence toujours par une petite baignade histoire de réveiller les organismes. Il est 5h30 du matin et le départ va être donné pour 3,8km de natation, 196km de vélo dans les Pyrénées (avec 7 cols et presque 5000D+) puis un marathon avec – encore – 700 D+.
Le ciel est magnifique et la journée s’annonce chaude. Nous sommes 100 concurrents debout dans la nuit à attendre le signal et je me demande un peu ce que je fais là. 
La pasta parti la veille m’a permis de beaucoup sympathiser avec d’autres participants. On y trouve des ‘récidivistes’ de l’Altriman, pris par le virus et fidèles aux 4 éditions. Des néophytes sur la distance ou d’autres encore qui prennent cette course comme une préparation à un autre objectif ( !)

La température de l’air est à peine 10°, celle du lac de Matemale est annoncée à 18°C… 

Go c’est parti,  nous rentrons dans l’eau tranquillement, aucune ‘baston’, pas de coups de pied ou de coups de coude… on est sur du long, et la natation n’est qu’un échauffement par rapport à ce qui nous attend par la suite. Evidemment, je me retrouve vite seul. L’organisateur a allumé des phares de l’autre coté du lac pour indiquer la direction à prendre. La natation se fait avec plaisir, le soleil se lève et c’est toujours un bonheur de vivre ces lumières matinales en nageant dans un environnement de montagne, une grande zenitude me gagne (pourvu que ça dure ! ;-) première boucle en 40’, sortie de l’eau en 1’20 (55ème) : régulier.

La transition se passe forcément calmement, aucune précipitation au risque d’oublier quelque chose. On enfile cuissard, manchettes, coupe-vent et en route. Il est 7h du mat’, la partie bicyclette commence.

Et pour commencer une montée, Col de Quillane.
Petite grimpette sympathique sur route large. Tout le monde tourne les jambes tranquillement. Je rattrape 2 concurrents. C’est l’occasion d’échanger un peu sur la météo de la journée, les impressions sur la partie natation et les futures vacances (si si J). 
On enchaîne rapidement avec le Col de Llose. Toujours tranquille et paisible. En haut de ce col commence la première descente longue de 15 km environ assez sinueuse voir même dangereuse du fait du revêtement refait quelques jours auparavant et certains virages sont bien « gravillonnés ». Prudence donc.
On arrive au trentième kilo pour attaquer le Col de Creu. 12km de grimpette de 6 à 8% dans un environnement magnifique ; du vrai plaisir. La aussi l’ascension ‘en dedans’ se passe bien, chacun va a son rythme, je pense à bien m’alimenter et m’hydrater régulièrement. En haut on bascule rapidement pour arriver au pied du Col de Pailhère : km 68, premier ravito perso.

Je regarde ma montre et il est à peine 10h du mat’, tout va bien c’était le timing que je m’étais fixé pour cette première partie avec suffisamment de marge par rapport au délai de l’organisation (11h à ce point de course). Mon sandwich fromage tartare me fait grand bien. Le temps de remplir la musette et c’est parti pour 15 km d’ascension jusqu’à presque 2000m d’altitude. Cette monté à 8% est très agréable et le soleil ne fait qu’embellir le paysage … mais chauffe les organismes aussi

En haut de ce Col, le temps de laisser passer quelques chevaux en pleine liberté, on bascule sur une descente large et facile où je peux m’en donner à cœur joie…Une fois en bas de la descente, que fait-on ? On remonte ! J Le plat ? Ils ne connaissent pas dans la région. On avale le Col de Chioula en 5km (on ne s’en rend même plus compte avec tout ce qu’on a déjà monté avant) puis une longue portion roulante entrecoupée d’un raidillon de 1,5km à 11% pour atteindre la vallée de l’Aude et le km 136. Point le plus bas de la course.
Deuxième ravito perso il est 13h45 (à ce point, les délais sont fixés à 14h15) je n’ai pas spécialement perdu de place sur cette deuxième parti vélo. On est un groupe de quelques concurrents à des allures assez équivalentes. Il fait très chaud et le soleil commence à m’user. Je pense toujours à bien m’hydrater (toutes les 7 à 8 minutes) et m’alimenter (toutes les 45 minutes environs). Au briefing, la veille, Benoit, de l’organisation, nous avait indiqué que la course ne commençait vraiment qu’à partir de maintenant…

il savait de quoi il parlait. .. Cela fait plus de 6h que je suis sur le vélo et il me reste en gros 60 bornes à faire avant le marathon. Qu’est-ce qui m’attend ? : Col de Gravarel. 
Une escalade de presque 10km sur un pourcentage à 10% sur la plupart du temps, on redescend un peu et on attaque un mur de plus de 12% sur plusieurs kilomètres ! Cette fin de parcours est terrible, la chaleur étouffante, je croise un concurrent qui s’est retourné dans la montée. Trop dur pour lui, plus de jambes, il redescend au point ravito précédent pour abandonner.
Plus haut encore un autre est assis dans l’herbe, il n’en veut plus du vélo. Nous sommes deux-trois à l’encourager et le pousser à remonter sur le vélo car on se convainc qu’il ne doit plus rester qu’une centaine de mètres avant le sommet… 
J’arrive enfin en haut de ce dernier col (Col des hares), mais après une courte descente, le retour au parc à vélo se fait sur un faux plat montant. Je regarde ma montre et il est 17h. J’ai peur du hors délai au parc qui est fixé à 18h. J’ai pris les dernières descentes très vite à en distancer ‘mon’ groupe… le faux plat commence, route large, dégagée, revêtement parfait et … vent de face !
C’est terrible, je n’avance plus. Le chrono, lui, tourne. Ni le vent, ni les… crampes ne le ralenti. 
Une crampe qui m’oblige à descendre du vélo et marcher une centaine de mètres pour étirer les muscles. Beaucoup d’idées traversent l’esprit : ‘qu’est-ce que je fout la’,  ‘y en a marre du vélo’ mais surtout… ‘Je vais y arriver !’ Je me relance, je vois la base nautique où est situé le parc à vélo. Enfin, pied à terre, il est 17h30 et j’en ai fini avec presque 10h30 de vélo. Je suis 45ème à l’entrée du parc.

T2, il est temps de chausser les running, changer de maillot, m’alimenter et éviter de m’assoir sur cette chaise qui me tend les bras telle les chants angéliques des sirènes attiraient autrefois Ulysse. 

Au programme à présent 42 bornes.

Le départ se fait modestement, les 10 premiers kilomètre sont un aller/retour le long du lac avec au milieu une petite grimpette d’1 km. Je tiens un petit 10 à l’heure. Puis, plat de résistance, je vais monter au village de Les Angles et encore continuer jusqu’au lac de Balcère. La ça grimper sur 6 /7 bornes avec des passages (longs) à plus de 10%.
Au plus dur de la pente, les concurrents marchent, je tourne au mental car la fatigue devient pesante et l’estomac un peu capricieux. Les kilomètres sont longs. Le cardio ne monte plus et il fait encore chaud.

Enfin arrivé au Lac de Balcère, je me retourne afin de redescendre ce j’ai monté. Certains marchent même en descente !, je me refais une petite forme en franchissant le semi. Vers le kilomètre 27, je récupère ma frontale et un coupe-vent. Il est presque 21h et la nuit va bientôt tomber (comme la température). Ma moyenne a aussi chuté et je suis dans les 8,5 km/h. je re fais l’aller /retour le long du lac. Même si rien n’est gagné à 10km de la fin, je sens que l’arrivée n’est plus très loin.

Les encouragements des bénévoles sont bien présents. Enfin il reste 4 km en côte pour rallier la salle d’arrivé, il est 22h30. Déjà 5h sur le marathon. Cette dernière montée ‘à travers champs’ du lac au village me permet d’admirer Les Angles la nuit. Km 40.

Je m’arrête, j’éteins ma frontale. Non pas par fatigue ou abandon mais juste pour savourer.

Apprécier. Je regarde le village devant moi ; me retourne et admire le lac de Matenale en contre bas, là où le départ a été donné il y a plus de 17h… le ciel est étoilé, la nuit est calme, J’arrive dans le village déjà endormi. Devant la terrasse d’un restaurant, un petit garçon sur les épaules de son papa m’applaudi en criant « c’est le champion ! c'est le champion » je me retourne pour lui taper la main qu’il me tend.
Les yeux brillent. Grosse émotion. Et finalement l’entrée dans la salle « bleue neige ». 

Du calme de la nuit, je bascule dans The final Countdown  que crachent les enceintes, le speaker hurle mon nom, je monte sur la scène et j’ai droit au même accueil que nous aurons tous du premier au dernier. Photo, interview, applaudissement…

Je suis un Altriman !


Classement : 45ème en 17h38


Ironman de Nice 2012

Par Arnaud BIHANNIC


Moi j’adore le tri, on apprend tout le temps plein de chose, on rencontre du monde et même en compétition on n’oublie jamais les basiques. Prenez la natation par exemple, et bien même lors d’un Ironman alors qu’on est plus de 2000 à se lancer à l’eau on pense à travailler les éducatifs tous ensemble, de façon très raprochée.
1/ Crawl water-polo avec la tête et les épaules bien sorties pour viser la première bouée et ne pas suffoquer dans l’eau.
2/ Nage sur un bras parce qu’un  #ù£ù*m# de triathlète vous maintient l’autre sous l’eau
3/ Nage en 5, 8, 10, 12, 16 temps…gloups…merde laissez-moi sortir la tête de l’eau les gars !
4/ Poings fermé – HA HA ! A mon tour de donner des coups !
5/ Nage indienne …ahh que c’est bon quand ça s’arrête.

Par contre je n’avais pas travaillé la course d’orientation cette année en piscine et ça m’a manqué. Je le rajouterai l’année prochaine. Parce que, prudent et objectif Fun, je suis parti en fin de sas. Certes j’ai pu rapidement passer en 3 temps ; par contre ma trajectoire a été catastrophique. Résultat un très médiocre 1h25 pour plus de 4km2 au compteur au lieu des 3km8 prévu…vive la dérive !


Reprenons nos éducatifs, une des premières choses qu’on vous apprend en tri aussi: « les transitions c’est hyper importants ! » donc on ne prend pas une douche tranquille sur la plage, non !
1/ Sorti de l’eau, on court à bloc jusqu’au bien nommé « sac transition » où on oublie la moitié des trucs (cette année lunette et mitaine à pas pratique quand les moucherons vous filent en plein œil alors que vous descendez à plus de 70 km/h)
2/ On prend le vélo à la main jusque la ligne bleue où vous êtes enfin autorisé à monter sur le vélo
3/ Les plus aguerris accrochent leurs chaussures sur le vélo et les mettent en roulant. Perso je ne me sens pas assez équilibriste et le fait à l’ancienne (ou « comme une merde »), genou à terre.

Enfin nous voilà parti pour 180km de vélo dans l’arrière-pays niçois. Là aussi on n’oublie pas les éducatifs :
1/ Pédaler sur un pied parce que l’autre s’est déchaussé…et merde !
2/ Bien s’allonger sur le prolongateur pour minimiser la prise de vent
3 / MOULINER ! C’est la plus important des règles. Petit plateau, vous moulinez pour avancer au lieu de pousser sur les cuisses qui doivent rester en forme pour le marathon.
4/ RELANCER ! On a tendance à s’endormir en vélo, donc un coup de danseuse pour garder une vitesse moyenne honorable.

Très vite je vois que les jambes sont là et j’appuie sur les pédales pour rattraper les amis partis devant. Je récupère rapidement Sébastien et le prez dès les premiers kilomètres et me mets en tête de peloton, la forme est là.
Les premières montées arrivent accompagnées d’un mal de ventre aussi soudain que terrible. Je suis scié en deux, le prez et seb s’éloignent et je suis quasiment à l’arrêt. Je serre les dents mais la douleur est trop vive. Que ce soit dans les montées ou dans les descentes, je n’arrive plus à rien. Pendant 20/30 bornes je vais vivre un calvaire gastrique sans nom. Je m’arrête 3 fois sur le bas-côté et repars dans l’espoir que cela cesse. Les gens me portent assistance mais faut juste « que ça sorte ». Je ne sais pas si c’est la chaleur ou l’eau salée avalée le matin en mer mais je suis KO.
J’arrive au pied du col de l’Ecre avec la rage, je suis en train de rater complètement mon Ironman, 6 mois de prépa foutus en l’air ! Je me remets en selle alors que mon estomac me laisse un peu tranquille. Debout sur les pédales, en danseuse, je vais avaler le col de l’Ecre comme jamais en montant à plus de 15 à l’heure (l’année dernière je me trainais à 9/10). Résultat : Je reprends et lâche Ben au milieu du col, Seb m’accroche dans les descentes qui suivent et nous reprenons le Prez en haut d’une nouvelle côte. A 3 nous finissons ce périple en 7h10…1h de perdue par rapport à l’année dernière ! Vu ma forme en côte j’aurai pu dépoter sans ce mal de ventre, tant pis…
Pour ceux qui ont lu correctement depuis le début, vous vous souvenez que nous attaquons T2, la deuxième transition pour passer du vélo à la course à pied.
1/ On descend du vélo avant la ligne où des arbitrent vous hurlent dessus : DESCENDEZ !
2/ SURTOUT NE PAS ENLEVER LE CASQUE tant que vous n’avez pas posé votre vélo dans son rack.
3/ Récupération du sac transition, chaussure, crème solaire (primordial), quelques gels et FONCEZ !

Et nous voilà partit à trois pour 42,2km sur la promenade des anglais. L’éducatif en RUN est très simple :
1/ Un pied après l’autre

Malheureusement le prez est à son tour malade et on s’arrête toutes les 10 minutes. Un calvaire pour lui mais on le tire sans cesse et il tient bon. Ben nous rattrape et nous restons tous les 4 jusq’au bout. On se fait un super road trip à 4 pendant plus de 4h et on fait bien attenfion de rester concentré. 
On passe la ligne main dans la main en 14h06, un peu déçu du chrono, mais quelle aventure humaine encore une fois !